Le 31 juillet 2017, la coopérative a tiré le rideau.

Les conditions pour exercer le métier de chauffeur dans le secteur du transport de personnes ont changées. Elles ne nous laissent plus la possibilité de recruter des chauffeurs ayant un casier judiciaire, tandis qu’il s’agissait du cœur de notre projet social et politique.

Ce projet est pourtant abouti, réussi. L’activité économique était florissante, la reconnaissance institutionnelle acquise, une équipe était construite. C’est donc un certain sentiment de gâchis qui traverse les sociétaires de la coopérative.

Elle laisse sur le carreau des salariés motivés, des clients désappointés, tandis que l’offre de transport est toujours mal pourvue, notamment pour les personnes à mobilité réduite.

Cet échec n’est pas le nôtre; c’est celui des politiques public qui se mobilisent non pas sur un projet de société plaçant au centre de son action la justice sociale, mais sur un projet de gestion, aux partis-pris libéraux.

La méfiance et la crainte de l’autre s’érige en système, appuyant ses fonts baptismaux sur l’individualisme, la productivité à tout crin, la compétitivité accrue, l’accumulation élargie de capitale.

Mais notre expérience n’est pas vaine. Elle démontre la possibilité d’un autre monde économique, d’une autre manière de commercer, qui place clients et salariés au cœur du système, dans le respect et la bienveillance. Elle démontre aussi de l’intérêt de l’activité économique comme vecteur d’émancipation, créatrice de richesses, tout en défendant les valeurs républicaines.

Notre dernière action aura été de contribuer au Livre blanc initié par la Fédération Citoyens et Justice, qui nous a apporté un soutien sans faille. Ce livre blanc, présenté en septembre 2017, recense et analyse les actions des adhérents en matière d’alternative à l’incarcération, les aménagements de peine et l’insertion des personnes en sortie de détention. Vous trouverez notre contribution en page 93 :

http://www.citoyens-justice.fr/storage/fichiers/Livre-blanc_VERSION-FINALE.pdf